Carnet de voyage : la notion de temps

Fin Octobre 2012, je m’exilais sur une petite île semi-déserte à la frontière de la Thaïlande et de la Malaisie : Koh Lipe. Plongée dans les eaux turquoises de la mer d’Andaman, cette île rappelle les images des cartes postale, sable blanc et long-tail boat.

Voyage Temps

Parmi les nombreux souvenirs que je garde de cette période, c’est la notion de temps qui m’a le plus impacté.

Vivre sans temps

On a beaucoup cette vision des insulaires, surtout ceux de nos Dom-Tom, qui vivent sans temps, pour qui « faut pas être pas pressé ». Je le comprends aujourd’hui. Je n’ai pas de montre, et je n’ai pas non plus de téléphone portable. Je ne vois pas en quoi j’en aurai besoin. Tous les gens avec qui je souhaiterai parler sont à moins de 20 minutes de marche sur l’île. Quant au temps, le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, il n’y en a que deux : le lever du soleil et le coucher du soleil. La notion de temps s’arrête à ça. La journée commence entre 6h-6h30 et se termine vers 18h-18h30 pour ceux qui auraient besoin d’une heure précise. Il y a deux autres façons de connaître l’heure : les haut-parleurs. Vers 8h, on nous diffuse une musique. Je ne parle pas Thai, alors je dirai simplement que je pense que c’est la sonnerie de l’école de l’île. A 18h, ces haut-parleurs diffusent l’hymne nationale. Ne pas connaître l’heure, ne pas subir le temps est libérateur. Je n’ai pas besoin de savoir s’il est midi ou 11h ou 15h, je mange quand j’ai faim. Ceci est bien entendu aidé par le fait qu’ici, les restaurants sont ouverts (et servent) à toute heure.

Tous les jours se ressemblent

C’est à la fois attirant et désespérant. Ici, tous les jours, il fait beau. Il fait 30°, il fait soleil, la mer est bleue et le ciel est clair. A vrai dire, c’est faux : il y a deux saisons, la sèche et la saison des pluies. Mais je suis arrivée à la fin de la saison des pluies, et depuis, il fait beau. C’est perturbant de ne pas avoir de saisons. Il n’y a pas d’évolutions, pas de changements. Cela donne l’impression de stagner, comme si la même journée se répétait à l’infini. Je crois même que ça en devient pesant. J’ai envie de changement !

Le temps en France

Tout cela m’amène à des réflexions sur le temps en France. Tout est chronométré, on perd du temps, on gagne du temps, on n’a pas le temps. Ici, je n’ai jamais eu cette sensation de ne pas avoir le temps. J’ai au contraire ressenti la sensation d’avoir trop de temps. Arrivé la fin de journée, j’avais tout fait. Je crois que c’est principalement par manque de distraction : pas de téléphone, pas de collègue de bureau, je gère mes mails à horaires fixes. Le retour en France va être intéressant. Je me demande comment cette nouvelle vision du temps va se traduire à mon retour.
Je trouve que cela souligne également à quel point on se stresse pour rien en France en pensant contrôler le temps (et bien entendu, il n’en est rien !)

Le temps c’est les autres

Certains disent que c’est l’enfer, mais dans notre cas précis, c’est le temps. Pourquoi êtes-vous pressé ? Rendre ce dossier à temps à quelqu’un ? Arrivé à temps à l’école (qui ferme) ? Arrivé à temps au restaurant (qui ne sert que de 11h30 à 14h et de 18h à 21h) ? Ou à un rendez-vous ?

C’est aussi ce qui se passe sur cette île : je travaille pour moi, avec mes horaires à moi, je ne dépends de personne et tout est (globalement) toujours ouvert. C’est en ça que c’est libérateur.

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Voyageuse, entrepreneure et professeur de yoga, Cindy parcourt le monde avec son blog et son tapis de yoga sous le bras. Retrouvez ses conseils de yogi sur My Zen Yoga

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