Jeunes de France, barrez-vous !

mouvement barrez-vous

C’est le message lancé par une belle brochette :  le consultant Félix Marquardt, le rappeur Mokless et le chroniqueur de Canal+ Mouloud Achour.  Message osé, c’est le moins que l’on puisse dire.  Mais aussi un message clair et étonnement plein d’espoir !

La France gâche sa jeunesse

Je me souviens des élections 2007.  Je m’en souviens bien car c’était les premières auxquelles je votais.  Une chose m’avait absolument surprise : « Sarkozy et Royal, des candidats jeunes ».  Jeunes ? Du haut de mes 20 ans, les 5 décennies de ces messieurs dames me semblaient bien loin.  A vrai dire, je n’arrivais pas à comprendre qu’on ait pu laisser la France au commande d’un septuagénaire !  Que pouvait-il comprendre à la France, au monde d’aujourd’hui ?

La France, gérontocratie, ultracentralisée et sclérosée

Je n’aurai su mieux le dire : « Vous vivez dans une gérontocratie, ultracentralisée et sclérosée, qui chaque jour s’affaisse un peu plus » écrivent les 3 compères.  Gérontocracie, sans aucun doute : votre seule chance d’avoir des responsabilités quand vous êtes jeunes, c’est de créer votre entreprise. Autrement aucune confiance ne vous est accordée.  On le voit bien dans l’évolution, cela prend des années avant d’atteindre un stade intéressant. Dans tous les pays, on commence en bas de l’échelle, mais il semblerait qu’ailleurs les barreaux soient moins espacés. En Chine, on est capable d’évoluer sous 1 ou 2 ans, parfois plus, parfois moins.

Et puis, il est temps d’oublier les recettes d’antan, qui marchaient dans une certaine situation économique avec certaines règles, qui sont toutes aujourd’hui obsolètes. Les entreprises ne réalisent pas que le monde change, que les habitudes des consommateurs changent, que leurs concurrents se mettent à jour, et qu’on a plus le temps de faire de la paperasse, qu’il faut agir et agir NOW.  C’est le dilemme de la Reine rouge, et quand on est vieux, on court moins vite.

Quelque part, la France agit de la même manière : elle bidouille des contrats « génération », elle bredouille des discours pour les jeunes, elle emploie des « médiateurs sociaux » comme si elle était incapable de parler aux jeunes.  La France vit dans son petit monde franco-français, et ne semble pas voir ce qui se passe autour.  Ou ne le réalise pas.  Ou n’en tire pas les bonnes conclusions.  Je ne sais pas.  Ce que je sais c’est que quand on voit qu’un jeune homme de 30 ans est capable de faire tourner le plus gros réseau social du monde, et deux autres capables de créer le plus gros moteur de recherche du web, on devrait avoir confiance en la jeunesse, et se demander sérieusement pourquoi ils y arrivent aux US et pas en France.

La France, ultra-réglementée

J’ai toujours eu l’esprit entrepreneur, et j’ai beaucoup voyagé.  Je considère que c’est un atout primordial que de savoir parler plusieurs langues. Et comme tout le monde le sait, on apprend le mieux quand on est jeune.  C’est pourquoi je souhaitais créer une crèche internationale.  L’idée n’avait rien d’ultra-innovant, ni de nouveau.  D’autres crèches sur ce modèle existent.  La première chose à faire en France lorsque vous souhaitez créer une société : lire la législation.  Et oui, la première question est « est-ce que j’ai le droit ? ».  Et bien, non, je n’avais pas le droit.  Non, car je n’ai pas de diplôme de puéricultrice.  Non, j’ai un diplôme d’une école de commerce qui me permet de savoir créer un business plan, de communiquer mon projet, de marketer mon projet, de gérer la structure au jour le jour, de trouver mes clients etc…  Enfin, tout ce qui fait tourner une entreprise.  Bien entendu, j’aurai pris un(e) puériculteur/trice pour être avec les enfants !  Chacun son job.  Et bien non.

D’ailleurs, c’est la même chose pour un salon de coiffure, il faut être coiffeur.  Et pourtant, ça n’a rien à voir : gérer une affaire et être employé du salon.  D’ailleurs,, avoir un diplôme de coiffure permet de créer son salon mais ne garantit pas qu’on soit capable de gérer l’affaire (création entreprise, prospection des clients, gestion, compta etc…). Parce qu’une fois encore, on est bloqué sur des vieilles idées. On s’imagine l’artisan qui après avoir travaillé auprès de son mentor, va créer sa boite. L’apprenti garagiste qui un jour aura son garage. Le coiffeur qui un jour aura son salon. Mais bien que ce modèle existe encore, il n’est plus unique. Aujourd’hui, je pourrai avoir une idée révolutionnaire et vouloir créer des salons de coiffure innovants, en faire une marque, une franchise, développer le concept etc… tout ça avec mon diplôme d’école de commerce. Je n’ai pas besoin d’être coiffeur ! En tout cas, un coiffeur me sera utile car il connait l’industrie de la coiffure, ses avantages et ses contraintes, mais c’est à moi, patron(ne), de décider si je souhaite bénéficier de ces conseils (à mes risques et périls). Ce n’est pas à l’Etat d’obliger.

Ah et dans le même style, au cas où vous penseriez que ce sont des cas isolés, je vous rassure des exemples, j’en ai pléthore : par exemple, pour être chauffeur de voiture (VTC), il faut avoir le bac.  Il serait vraiment idiot de laisser l’employeur décider s’il considère son candidat comme à même de faire le travail.  Notons d’ailleurs qu’avoir le Bac, quand on le donne  à des gens avec moins de la moyenne, ne garantit pas de savoir s’exprimer correctement.  D’ailleurs, il ne garantit pas que vous ayez une apparence propre et professionnelle, que vous parliez une langue étrangère ou que vous soyez un minimum fufute.  Ca, ça se découvre en entretien, pas sur un diplôme.

Après on s’étonne qu’il y ait du chômage !  Oser créer une entreprise en France (qui crée à son tour des emplois) est une hérésie, juste pouvoir employer ou trouver un emploi, il faut un diplôme !

La France est sclérosée.  On a vu, presque avec surprise, l’élan entrepreneurial des Français quand a été lancé le statut d’auto-entrepreneur.  En 2012, ils sont plus de 800 000 !  Comme quoi, il y a de l’espoir !

L’étranger, un renouveau, un espoir

J’ai vécu aux Etats Unis un an, et trois ans en Chine, et je bloggue aujourd’hui depuis Thailande.  Comme vous le voyez, je suis complètement la cible du mouvement « Barrez-vous ».  Mieux, je suis l’évangéliste 🙂  Je ne cesse de dire à mes ami(e)s : BARREZ-VOUS !  Et surtout, barrez-vous au lieu de vous plaindre mais de ne rien faire pour changer.  J’ai lu un message sur un forum récemment et il disait plus ou moins la chose suivante : « tous mes amis me disent « wow ce que tu es courageux de partir loin là-bas en Thailande », et je leur réponds « c’est vous qui êtes courageux de rester dans cette grisaille, à faire un boulot qui vous déplait, dans une atmosphère d’animosité et de violence, métro-boulot-dodo pour un malheureux SMIC ou un peu plus, ce qui ne change rien car ce surplus vous le donnerez aux impôts, avec pour seul objectif d’arriver à la retraite ».

L’étranger n’est pas un eldorado, bien entendu.  Oui, la Thailande a des plages paradisiaques, mais il y a quelques années de ça, elle était aussi en guerre civile.  Oui, la Chine annonce une croissance à deux chiffres, mais la pollution est insupportable.  Oui, oui, oui… mais, mais, mais.  On pourrait en dire autant de la France : la France a toutes les infrastructures (eau potable, électricité, réseau routier et ferré, internet) mais il y a les grèves, la fraude, les charges, l’administratif, l’insécurité etc…  Donc ce n’est pas ça qui  importe.

Ce qui importe, c’est l’attitude.  On sent une effervescence, comme si on était à l’aube d’un nouveau monde et que tout le monde y apposait sa marque, y déposait sa pierre.  On est pris dans la foule, emporté par un mouvement d’enthousiastes, de rêveurs, de bâtisseurs d’un monde nouveau (peut-être d’un monde meilleur).  Et pendant ce temps-là, à Bercy, on chipote sur quelques centimes au litre d’essence.

Quelques stats 

A noter : 53% ont moins de 35 ans ! (Bon en même temps, ce sont souvent des étudiants )

A retrouver d’urgence sur http://www.barrez-vo.us/ quand le serveur n’est pas en rade (vu leur succès !) ou sur Facebook : https://www.facebook.com/BarrezVous

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Voyageuse, entrepreneure et professeur de yoga, Cindy parcourt le monde avec son blog et son tapis de yoga sous le bras. Retrouvez ses conseils de yogi sur My Zen Yoga

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