Les pirates tuent-ils la musique ?

On nous l’a prédit, on nous secoue cette épée de Damoclès, à tord et à travers : l’industrie de la musique est morte ! Faute aux pirates ! Impossible de vivre de son travail ! Ahhh ! Ohhh ! Bim !

Mouais …

Je crois plutôt que l’industrie de la musique est en pleine mutation, qu’elle est en plein régime hypocalorique où on supprime tous les intermédiaires qui bloquent le système et qui engrangent la monnaie.

Je crois qu’on vit aussi un changement de la part du consommateur, qui ENFIN n’est plus l’otage des maisons de disques et peut trouver, au détour d’un lien, d’un clic ou d’une vidéo, un artiste qui lui plait. Le consommateur a aujourd’hui le pouvoir de choisir la musique qu’il souhaite écouter et ne plus payer pour financer les maisons de disques qui feront ce choix à sa place. Je crois aussi qu’Internet nous a apporté ce nouveau concept : ce qui est digital (et donc multipliable à l’infini sans autre coût) est gratuit. Aujourd’hui, on ne paie plus pour un document, un livre, un article, une vidéo ou tout simplement une musique digitale. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas de valeur ajoutée. Ce qui a de la valeur ajoutée par exemple, c’est un e-book, ou un pdf de 200 pages sur une recherche bien précise, ou une vidéo très rare, ou … ou … ou … ou dans le cas de la musique, un concert, un vrai, en live.

Je prends ci-dessous le cas d’un groupe qui s’est adapté à cette nouvelle industrie. Je pense que ce sont des « observations générales », qui sont valables pour la musique, ainsi que pour n’importe quelles starts-up.

L’avenir de la musique

Je crois que l’industrie de la musique s’adapterait très bien au modèle freemium. Je pense qu’il faut voir les CD et la musique mp3 comme des outils de marketing et non des produits à vendre. Je pense qu’afin de se faire connaitre, il est important de distribuer sa musique librement.

Tout comme l’industrie journalistique, qui elle aussi freine des quatre fers et hurle à qui veut l’entendre la concurrence déloyale des blogs et des journaux en ligne, l’industrie de la musique doit implémenter le free et le premium. Free : la musique. Premium : les concerts, les produits dérivés, un accès à une partie privée de site pour les fans, des autographes etc…
Tout comme les journaux ont développé des sites en ligne, des sites avec abonnement, font payer la version papier, vendent en extra les dossiers spéciaux etc…

Le cas Deluxe, le groupe d’un nouveau genre

Deluxe Entreprendre

Tout d’abord, j’aimerai dire que je n’ai aucun lien avec Deluxe, je les prends comme exemple car ils remplissent les critères pour réussir dans la musique de nos jours. Cela dit, c’est un groupe que j’ai vu deux fois en concert (aux Natural Games, à Millau, et au Cosmopoli’Zen à Vitrolles) et qu’ils valent vraiment le coup.

Une énergie sans comparaison dans un premier temps. Une relation avec le public, de 2. Et des produits dérivés, de 3.
Voilà le cocktail gagnant.

Les Concerts

Je vous laisse juger :

Alors reprenons

1 : Une énergie sans comparaison

Si vous les avez vu en live, vous le savez ! Ils sautent, ils dansent, ils bougent, ils occupent l’espace. Ca, ca donne envie d’aller les voir en concert, et de payer pour une telle prestation. Si vous pensiez que la Zumba était le meilleur moyen de brûler des calories, essayez-donc un concert de Deluxe ! On sent l’énergie se dégager du groupe, mais aussi du public !

Rien ne fait plus plaisir que de voir des artistes s’éclater sur scène et se faire kiffer. Ca donne envie de kiffer aussi 😀

C’est bien ce qu’il faut se dire : ce qu’ils vendent, c’est leur temps. Pas une session de studio, multipliée à l’infini, un mp3 à la fois.

Autre détail : les vidéos. Ils filment, eux-même, tous leurs concerts. Je pense que cela amène à deux choses très positives : un gros stress pour eux et une pression de faire leur max, car après tout, ils sont filmés, et la preuve sera là ! Et deuxièmement: un meilleur engagement du public. Vous l’avez vu, et peut-être même que vous aussi vous le faites, quand vous voyez une caméra passée, vous faites « coucou », ou un signe, ou vous hurlez « yeaaaaaaaaaaaaaaaah » etc… Le fait qu’ils aient une caméra encourage aussi le public à se donner à fond ! Après tout, faut être cool, on est filmé ! Et cela nous amène à la relation avec le public.

2 : Relation avec le public

Toute leur énergie vous donne envie de vous trémousser. C’est bien. Qu’elle vous donne la sensation de s’éclater en groupe et de faire partie d’un tout, c’est mieux. Cette énergie que l’on retrouve dans les matchs parce qu’on est un stade entier, cette sensation d’appartenance parce qu’on connait tous les mêmes chants de l’équipe, tout ça est exploité par Deluxe dans leur concert.

Grand moment unificateur : les chorégraphies. Alors on la connait bien l’histoire du « tapez dans vos mains ». Mouais … peut mieux faire. Deluxe nous donne des chorés, au niveau de difficultés de la Macarenna. Et c’est le kiff complet. Tout le public danse, et ainsi, on danse ensemble, on chante ensemble, un grand moment de partage. Et ce partage ne fait que renforcer l’énergie et le plaisir d’être là.

Les vidéos comme je vous disais, encouragent le public à se donner à fond, mais aussi, servent de contenu marketing après l’évènement. On nous lance en fin de concert : « retrouvez-nous sur Facebook » On y retrouvera la vidéo, et aussi la photo prise avec le groupe et tout le public, photo sur laquelle on est encouragé à se tagger.

Alors plusieurs choses se passent ici. On a la pression de la caméra, cette immortalité numérique qui se baladera sur le web de MySpace à YouTube, partagée via Facebook et Twitter. On a le lien Facebook, lien qui va permettre de fidéliser le public « revenez nous voir ! ». Et on a l’OpenGraph pour nos amis marketeur. Pour les autres, cela veut dire qu’à chaque fois que vous faites une action sur Facebook, cette action apparaît sur le fil d’actualité de vos amis ou sur le défilé d’info en haut à droite « Machin Truc a aimé la page Deluxe », « Bidule Chouette s’est taggé sur la photo Concert Vitrolles sur la Page Deluxe » etc… Toutes ses activités ont pour but d’encourager votre cercle d’amis à s’intéresser à votre vie.

C’est aussi l’occasion de communiquer avec ses fans, de lancer des concours, de partager des nouveautés etc…

Et ça marche : plus de 7 000 fans Facebook ! Donc 1 000 qui en parle : c’est énorme ! près de 14 % de fans actifs, c’est très honorable !  En comparaison, One Direction a 7% de fans actifs sur Facebook.

Et enfin : les produits dérivés

3 : Produits dérivés

Cela ne vous aura pas échapper, avec les boutiques Disney et les boutiques qui vendent des maillots de foot, que les produits dérivés sont clairement une source de revenu.

Vous l’aurez peut-être remarqué, nos amis Deluxe sont moustachus ! Et pas seulement, ils ont des styles bien particulier. Au concert de Cityzen, deux étaient habillés en marin. La chanteuse a des airs de pin-ups 50s. Au concert de Vitrolles, la chanteuse avait une sorte de noeud-pap en forme de moustache et une jarretière en forme de moustache aussi. Je les imagine très bien pouvoir vendre ce type de produits. Sur le Mac du DJ et sur la grosse caisse de la batterie, on voit une énorme moustache, sticker qui pourrait aussi très bien se vendre.

Mauvais point : leur musique n’est pas dispo en téléchargement mais en écoute sur Myspace et GrooveShark.  Ceci dit, ils sont sous le label Chinese Man, qui leur demande surement cette hérésie.

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Voyageuse, entrepreneure et professeur de yoga, Cindy parcourt le monde avec son blog et son tapis de yoga sous le bras. Retrouvez ses conseils de yogi sur My Zen Yoga

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