Pk fo pa écrir kom 1 kikoolol

Ah mes pauvres petits, moi aussi il fut un temps où j’écrivais en fonétik parce que j’étais jeune et trop cool surement 🙂 et puis, il y a eu un grand moment, un WOW moment où le monde s’est ouvert à moi et soudainement j’ai compris pk fo pa écrir kom 1 kikoolol.
Je me suis dit qu’il était de mon devoir de faire part de ma « révélation intellectuelle » à la nouvelle génération.

On va commencer par une question simple : avez-vous lu 1984 de George Orwell ? Non ! (Sacrilège!) bon un p’tit wiki rapide pour vous mettre au niveau : George Orwell – 1984. Mais je vous conseille fortement de lire ce livre culte, qui, pour le coup, n’est pas très long. Vous pourrez le trouver sur Amazon : George Orwell – 1984livre 1984
Pour ceux qui ne lisent pas, V pour Vendetta en est une adaptation.

Big Brother 1984 George Orwell

Peut-être ne l’avez-vous pas lu, mais vous connaissez tous l’expression « Big Brother is watching you », et bien ça vient de là. D’ailleurs, bien que l’image avec sa mini-moustache puisse faire penser à Hitler, 1984 fut en fait écrit contre le soviétisme et Staline.

1984 : le concept de la novlangue, ou l’abrutissement des masses par l’appauvrissement du langage

Bon j’en arrive à mon WOW moment. Dans ce livre, l’auteur parle de la novlangue. Alors qu’est-ce que la novlangue, me direz-vous ? Le concept de la novlangue est simple, il s’agit de l’abrutissement des masses par l’appauvrissement du langage. C’est une nouvelle langue, une sorte de français simplifié. Au fur et à mesure des années, on simplifie la langue en faisant disparaître des mots. Pour exemple, pour décrire quelque chose, on a le choix de « bon », « plus bon » et « inbon »(=pas bon). L’idée est simple : supprimer toutes les nuances, toutes les exceptions… etc… le but : vous empêchez de penser.

En effet, dans un premier temps, cela empêche de communiquer des idées subversives (puisqu’on ne peut pas les expliquer car les mots nous manquent). Mais pire, le but final est d’agir à la source et d’affaiblir la capacité même de créer une pensée subversive. On pense en créant des phrases dans sa tête, en mettant des mots sur des ressentis, or si les mots vous manquent, vous ne pouvez pas construire le concept, l’idée dans votre tête.

Quand je vois les grandes tendances du moment, type « c’est swag », qui s’appliquent à tout et à n’importe quoi, à une idée et à un sandwich, alors je me dis que les nouvelles générations s’hébètent. A utiliser un seul mot pour tout décrire, en s’affranchissant des nuances et subtilités de la langue, quand viendra le moment de préciser sa pensée : le sandwich n’est pas swag, il est bon, délicieux, goûteux, savoureux, fabuleux, phénoménal, exquis, succulent etc… quand viendra ce moment, ils n’auront pas les mots, et donc ils n’auront plus la pensée. Plus leur vocabulaire s’appauvrira, plus leur vision du monde s’appauvrira. Un sandwich sera bon et c’est tout, ils ne feront plus de différences, de nuances dans les goûts.

Ce fut mon WOW moment où je me suis dit que si je voulais pouvoir continuer de penser, il fallait que je commence à exploiter toutes les nuances offertes par la langue de Molière. En précisant mon vocabulaire, je précisais alors mes pensées.

E voilà c pr ca kil fo pa parlé kom d kikoolol

😀

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Voyageuse, entrepreneure et professeur de yoga, Cindy parcourt le monde avec son blog et son tapis de yoga sous le bras. Retrouvez ses conseils de yogi sur My Zen Yoga

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