Voyageurs, nous avons la chance de voyager

Depuis quelques temps, je tombe régulièrement sur des articles de blogs de voyage qui annoncent fièrement « Non, voyager n’est pas une chance« . Et selon les arguments avancés, on pourrait comprendre leur point de vue. Oui, les backpackers se retrouvent tous, un jour ou l’autre, face à cette remarque « quelle chance tu as de voyager » et effectivement, on peut comprendre que ça exaspère, quand on a envie d’être reconnu. Pour autant, je persiste et je signe : Voyager est une chance. Je m’explique.

voyager est une chance

Voyager est une chance

Que pensez-vous de cette remarque : « quel talent tu as ! » régulièrement faite à un(e) musicien(ne) ou chanteur(se). Est-ce une marque d’admiration, une reconnaissance ? Ou au contraire, une marque de jalousie qui laisserait penser que l’artiste a été touché par la main de Dieu et ne doit rien à lui-même ? Est-ce une remise en cause de ses heures de dur labeur, à répéter sans relâche la même partition, la même musique, la même chanson ?

Ce qui touche, ce qui vexe, ce qui blesse dans cette phrase anodine, c’est le sous-entendu : tu ne peux voyager que parce que (au choix) tu as de l’argent, tu as des parents riches, tu as eu une opportunité que je n’ai pas eu…. Cela blesse l’égo. Le voyageur (comme tout le monde) veut être valorisé. Que penserait un artiste si on lui disait qu’il doit tout son talent à un don ? Que ce don lui a été donné, mais qu’il aurait bien pu être donné à un autre. Que rien n’est dû à son travail, à sa persévérance.

Voyager est un choix

Pour se défendre de ce que le voyageur considère comme une sorte de mépris ou tout du moins, de manque de considération, il va (à coup d’articles de blogs) mettre en avant ses sacrifices (et il y a en pléthore !) et le fait que voyager est un choix donné à tous. Il est certain néanmoins que seule une minorité de gens peuvent se permettre de voyager, la plupart étant bloquée par de faux a-prioris : voyager coûte cher, voyager avec des enfants est impossible, il faut abandonner sa carrière, difficile de payer un crédit en voyageant etc… Ce sont les thèmes principaux des blogs de voyage, qui souhaitent dédramatiser et inciter à sauter le pas.

visa run birmanieLa vraie force des backpackers est d’avoir l’esprit ouvert, d’oser sortir de leur zone de confort et de remettre en cause l’ordre établi. Ce sont des électrons libres, des free thinkers. C’est en partie un trait de caractère, c’est aussi quelque chose d’appris : via la famille mais aussi à travers certains médias ou blogs. C’est d’avoir été exposé à ce type d’idées (de liberté) qui leur permet d’envoyer valser la société. Nous sommes à l’image des 5 personnes que l’on côtoie le plus théorise Napoleon Hill, auteur de « Réfléchissez et devenez Riche ». Ainsi, est-ce une chance d’avoir rencontré les bonnes personnes, des gens positifs, qui nous encouragent et nous soutiennent dans nos projets ? J’ai personnellement rencontré beaucoup de négativité, des personnes qui n’avaient que des anecdotes tristes sur le voyage, bien entendu des histoires qu’elles n’avaient pas vécues personnellement, qui pointaient du doigt tous les défauts de mes plans. Mais, grâce à une certaine éducation, une certaine mentalité et une certaine vision du monde, j’ai pu mettre de côté ces peurs et aller de l’avant.

Les opportunités du voyage

En parcourant le monde, nous rencontrons tout un tas de personnes, que ce soient des occidentaux riches ou des Birmans au statut illégal en Thailande. Quand un local nous demande : « Où es-tu allé ? » et qu’on se rend compte, après avoir déblatérer notre liste de destinations, que lui n’a jamais quitté sa ville, sa région ou son pays, alors oui, nous sommes chanceux. La chance d’être né en France, la chance de pouvoir circuler librement, la chance de pouvoir s’offrir du temps libre.

Reste qu’en tant que Français, nous sommes une minorité. D’autres citoyens, partageant les mêmes libertés et opportunités que nous, ne quittent jamais leur ville, leur région, leur pays. Tout est dans la tête : c’est la peur qui les contrôle.

En tant que voyageurs au long cours, nous évoluons en vase clos, nous nous encourageons les uns les autres, nous nous passons les bons plans et nous nous remontons le moral mutuellement. Nous devons, au delà de nos blogs de voyage, être des exemples, encourager les gens à se libérer des peurs qui les bloquent, qui les empêchent de vivre leurs rêves. Mais remettre en cause un système de pensée n’est pas tâche aisée.

Voyager n’est pas donné à tout le monde

On sait aussi, qu’au delà du mode de pensée, que des considérations matérielles rentrent en compte. Pour reprendre notre comparaison avec un(e) musicien(ne), rien ne lui aurait été possible si : il n’avait pas eu d’instruments (très cher), un professeur (souvent particulier), du temps libre (donc pas de travail en plus de ses études), un lieu où pratiquer (parfois faut-il louer une salle de répet’) et le soutien de sa famille (qui valorise l’art et la musique). Oui, il est possible de voyager en toute circonstance. Moi-même, j’ai tout quitté alors que j’avais un crédit étudiant à payer. Mais il ne faut pas sous-estimer le rôle joué par notre famille et même notre classe sociale.

Une p’tite BD sur l’ascenseur social
ascenseur social

La chance ou une marque d’admiration

Il me semble que ce que nous devons voir dans cette remarque, c’est une marque d’admiration. Ce n’est pas minimiser nos actions, mais au contraire, valoriser notre vision. Ce qui étonne, ce qui surprend, ce qui rend fan c’est le fait que l’on arrive, sans peur, à s’affranchir des règles de la société : faire de longues études, faire carrière, se marier, avoir un crédit, avoir des enfants etc… et que l’on décide selon nos envies et à notre rythme ce que l’on veut faire, et non pas ce que l’on doit faire. Arrêtons de rejeter les autres pour quelque chose qu’ils ne peuvent pas comprendre et de s’enfermer dans notre huit-clos. Au contraire, ouvrons-nous et inspirons d’autres à s’affranchir de leur peur.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce une chance de voyager ou un choix ?

 

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Voyageuse, entrepreneure et professeur de yoga, Cindy parcourt le monde avec son blog et son tapis de yoga sous le bras. Retrouvez ses conseils de yogi sur My Zen Yoga

4 réponses à Voyageurs, nous avons la chance de voyager

  1. Je pense que ce n’est pas toujours un choix, mais c’est toujours une chance.

  2. J’ai beaucoup apprécié ton article. Et je répondrait que pour ma part c’est un choix, je peux comprendre que beaucoup de personnes dans le monde le voient comme une chance c’en est aussi une et nous occidentaux l’oublions bien trop souvent. Mais je me force à croire qu’on à toujours le choix, suffi parfois de réaliser qu’on à qu’une seule vie.

    Lola

  3. A chances égales, il s’agit d’un choix : être prêt à mettre son confort (et sa zone de confort) de côté pour prendre des « risques ».
    Laurent Articles récents…Les 10 requins les plus bizarresMy Profile

  4. Bonjour,

    Intéressante réflexion dans ton article.
    Je me rappelle de mon premier voyage en « solo », je venais d’arriver à Phnom Penh, et le chauffeur de tuk tuk me demander où j’allais après le Cambodge…Je lui parlais de mon itinéraire et il était émerveillé et admiratif. Je crois que je le faisais rêver, lui qui a toujours vécu au Cambodge et n’a probablement pas de passeport.
    C’est là que j’ai compris que j’avais de la chance, de voyager librement car je paie mes voyages, je mange ce que je veux, je dors où je veux… alors que lui travaille durement pour nourrir sa famille.

    Le voyage peut être un choix de façon de vivre: ne pas rester sédentaire toute une année, changer de ville, de pays, de continent régulièrement… mais pour moi voyager est une chance car nous ne sommes malheureusement pas tous égaux car, nous avons des parcours de vie différents…
    Rattana Articles récents…Et si un jour je partais en tour du monde…My Profile

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